Comme toutes les autres particularités pédagogiques de la Cité des Jeunes Assemblée Générale, jeux scéniques, jeux d’initiation, le plan progressif s’inscrit dans une histoire. Il est issu d’un homme, le Père Fillère. Ce dernier créa la Cité des Jeunes en 1928, en emmenant 40 enfants en colo à Jouy s/Morin. Grâce à de brillantes études en philosophie, en théologie et en psychologie, le Père Fillère se place en pédagogue au même titre et à la même époque que Célestin Freinet, avec qui il partage l’émergence des méthodes actives.
Après de grands liens avec le scoutisme dont il apprécie la vie communautaire, le service, le partage de vie quotidienne, la place du jeu et du chant, le Père invente la Cité des Jeunes, en se tournant vers les quartiers populaires. Il ne souhaite pas ajouter un mouvement supplémentaire, mais faire se rassembler tous ceux qui veulent travailler au chantier de la grande Cité de Dieu. Il se place ainsi dans un courant théologique issu de Saint Augustin. A la même période, le père Jean Emile Anizan fonde nombre de paroisses dans l’est Parisien (comme Notre Dame d’Espérance). Comme le Père Fillère, son objectif est d’é6vangéliser les quartiers populaires et notamment la jeunesse. En tout cas tous les deux avaient conscience de l’encadrement des jeunes à l’époque de l’émergence des dictatures européennes.
Le cadre des méthodes actives de la Cité des Jeunes peuvent se résumer comme suit :
La Cité des Jeunes utilise le jeu comme moyen principal de l’éducation, l’Assemblée Générale comme expression de la vie communautaire, tout ceci unifié et dirigé par le plan progressif :
Qui dit plan dit projet, qui dit progressif dit grandir. Le Plan Progressif unifie les activités et la vie du camp ou de la colo. Le groupe et chaque individu qui le compose va grandir humainement et spirituellement. Cette trame d’orientation choisie pour une période donnée permet de développer une force comme ligne de cheminement spirituel.
Une grande dose de matière biblique, théologique, catéchétique pour les animateurs.
Construire une progression : départ, étapes, arrivée, car c’est plus qu’un découpage en trois semaines.
Comment matérialiser cette progression ? Surtout pour les plus jeunes, mais cela reste valable pour les adolescents pour marquer une référence (symbolisation).
Comment lancer les plans progressifs ? Dés l’AG en donnant une question aux équipes lors de leur préparation par exemple.
Comment marquer les différentes étapes ? Comment les projeter, les célébrer ?
Comment avancer ? Quel choix de moyens et d’activités pour faire avancer et progresser ?
Quelles illustrations bibliques à partir de textes, de lieux, de moments, de personnages ? Quels liens avec les Saints ? Avec aujourd’hui ?
Comment conclure ? A la dernière AG pour voir et célébrer le chemin parcouru ensemble. Chercher un objet, un symbole, une parole pour marquer cette fin qui n’en est pas une.
Comment le préparer ? En équipes, entre directeurs, avec le conseil... C’est la vie de la Cité pour un an ! Et c’est plus enrichissant que l’administratif